L’invitation au voyage (Charles Bodelaire)

      Mon enfant, ma sœur,
      Songe à la douceur
D’aller là-bas-vivre ensemble!
      Aimer à loisir,
      Aimer à mourir
Au pays qui te ressemble!
      Les soleils mouillés
      De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
      Si mystérieux
      De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

      Des meubles luisants,
      Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
      Les plus rares fleurs
      Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
      Les riches plafonds,
      Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
      Tout y parlerait
      À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

      Vois sur ces canaux
      Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde;
      C’est pour assovir
      Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
      — Les soleils couchants
      Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
      D’hyacinthe et d’or;
      Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

(Bron: De 100 allermooiste gedichten van de Europese poëzie, samengesteld door Ilja Leonard Pfeijffer en Gert Jan de Vries/Meulenhoff)

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4 reacties op L’invitation au voyage (Charles Bodelaire)

  1. Voel mij zeer aangesproken, als kon ik zijn zus zijn…
    De laatste twee verzen zijn wereldberoemd.

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